par Blueberry le 26/3/2008
Cette année, la Colombie-Britannique fête ses 150 ans. Penchons-nous un peu sur lhistoire de la province et sur les gens qui lont façonnée.
Les Amérindiens furent les premiers habitants de la Colombie-Britannique. Arrivés, il y a environ 6 000 a 8 000 ans de cela, on distingue 6 groupes : kootenay, salishan, haida, tlingit, wakashan et tsimshian. Statistique Canada a estimé le nombre dautochtones vivant dans la province à un peu plus de 170 000 en 2001.
Selon une hypothèse, Francis Drake aurait été le premier Européen à aborder les côtes de la province au XVIème siècle. Officiellement, lEspagne fut le premier pays ayant découvert la Colombie-Britannique. En 1774, le navigateur Jose Perez Hernandez longea les côtes des actuelles Iles de la Reine Charlotte, et les revendiqua au nom de la Couronne Espagnole, sans y mettre les pieds ! En 1778, le Britannique James Cook pénètre dans le détroit de Nootka, au Nord Ouest de lactuelle Ile de Vancouver, et le revendique au nom de la Couronne Britannique. Un conflit éclatera en 1789 avec lEspagne, qui se soldera par la conclusion des accords de Nootka en 1794, garantissant des droits égaux pour les deux pays, sans toutefois régler la question de propriété du territoire.
Un an avant le début du conflit Anglo-espagnol, le navigateur britannique John Meares débarque à Nootka avec les premiers immigrants Chinois. Limmigration Chinoise est profondément liée à lhistoire de la province, et sest faite par vagues successives.
En 1792, George Vancouver arrive dans lîle avec mission de dresser une carte de la côte allant de lOregon jusqu'à lAlaska. Alexander MacKenzie sera le premier à effectuer un voyage à lintérieur du pays pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest ou CNO. La CNO était la concurrente de la célèbre Compagnie de La Baie dHudson. Dautres explorations seront faites au nom de la CNO par Simon Fraser et David Thompson au début du XIXème siècle. David Thompson a découvert le fleuve Columbia ayant donné son nom à la province.
Toujours au début du XIXème, la Compagnie de la Baie dHudson contrôle la traite des fourrures dans la province, mais également dans les états actuels de Washington et de lOregon. Beaucoup de colons Américains refusent la suprématie de la CBH. Des conflits territoriaux éclatent avec les Etats-Unis et se solderont par le Traité de lOregon en 1846, fixant la frontière de la province au 49eme parallèle, à lexception de LIle de Vancouver, ou la CBH se base, à Victoria. Lintérieur de la province se retrouve sans statut officiel. En 1851, James Douglas devient le premier gouverneur de lIle et fonde une assemblée législative en 1856.
Vers 1858, des gisements dor sont découverts à lintérieur des terres. Cest « la ruée vers lor », le long du fleuve Fraser, de Lilloet à Bakerville et au dela, jusquen 1862. 1858 est également lannée ou lIle et lintérieur des territoires sont réunis en une seule province, sous administration de James Douglas. New Westminster est la première capitale. Victoria le deviendra en 1868.
En 1871, la province décide dadhérer à la Confédération après avoir obtenu la promesse de la construction dun chemin de fer qui la reliera au reste du pays. Il faudra 15 ans pour que le premier train arrive à Port Moody. La majorité des travailleurs étaient des Chinois. Leurs de conditions de travail et de vie étaient abominables. Non seulement leur salaire était très bas, mais ils devaient également payer leur nourriture et frais médicaux. Ils ne pouvaient ni envoyer dargent à leur famille, ni la faire venir au Canada.
Les familles des travailleurs tués nont reçu ni avis de décès, ni compensation. Les immigrants Chinois étaient également les seuls à payer une taxe sur limmigration, dabord fixée à 100$, puis à 500$ dés 1903. De plus, ils ne pouvaient prétendre à la nationalité Canadienne.
Vers 1890, lindustrie minière se développe, principalement dans la région de Kootenay. Cette industrie demeure très importante. Lagriculture est en plein essor dans la vallée de lOkanagan et à Kamloops.
Larrivée dans le XXème siècle voit le développement de lindustrie forestière et de la pêche, qui restent majeures aujourdhui. La province perd également des kilomètres carrés suite à un conflit avec les Etats-Unis sur la frontière de lAlaska.
Les lois sur limmigration Chinoise se durcissent. Cest le début de la « Période dExclusion » qui durera de 1923 jusquen 1947. Les Chinois de Vancouver navaient notamment pas le droit dacheter des propriétés hors de Chinatown, quartier prospère et bien plus sûr quaujourdhui.
Un autre épisode marquant est le traitement qua fait subir le gouvernement provincial aux Canadiens dorigine Japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale. Suite aux bombardements de Pearl Harbor, toute la communauté Japonaise est dépouillée de ses biens et envoyée dans des camps de travail vers lintérieur de la province, mais aussi en Alberta et au Manitoba. Ce nest quen 1949 que les Canadiens dorigine Japonaise retrouvent leur liberté. Le gouvernement provincial a eu beaucoup de mal à admettre ses erreurs.
Après un ralentissement économique, la croissance reprend dés les années 50, notamment grâce à lamélioration des transports qui permet une meilleure exploitation et gestion des ressources. LExpo Universelle de 1986 portait dailleurs sur ce thème. Le prochain grand rendez-vous de la province est en 2010 avec les Jeux Olympiques de Vancouver.
Il se sera passé beaucoup de choses en 150 ans ! Dabord considéré comme « sauvage » et « difficile à gouverner », la Colombie-Britannique se sera révélée pleine de trésors et à lavenir prometteur.
Je terminerai cette chronique en nommant quelques célébrités contemporaines, de la scène nationale et internationale, natives de la province : Kim Campbell, ancienne Première Ministre du Canada, les chanteurs Nelly Furtado et Bryan Adams, David Suzuki, biologiste et militant écologiste, Emily Carr, artiste peintre, lécrivain de science-fiction Philip K. Dick, lacteur Michael J. Fox.