par Blueberry le 16/4/2008
Voila, ca y est, cela fait presque 2 ans que je suis à Vancouver. Il sen est encore passé des choses au cours de cette deuxième année, mais cela nest pas pour me déplaire. Cette année aura été plus ou moins en contradiction, caractérisée par une relative instabilité professionnelle, mais une meilleure stabilité personnelle.
Apres le choc culturel, sen est suivie une période dadaptation entraînant une certaine routine. Et oui, maintenant je suis bien installée à North Vancouver, mon appartement est totalement meublé
jai encore quelques souvenirs persistants du camping que jai fait pendant 2 mois-, je suis organisée pour toute les contingences domestiques, je sais comment me rendre dun endroit à un autre, jai un dentiste, un médecin, une coiffeuse etc.
etc.
Jai également un petit groupe damis que je vois régulièrement et sur lesquels je peux compter. Ce qui nest pas négligeable, car quelque part on recommence à zéro lorsque lon décide de changer de pays. Cela na pas été évident de rencontrer ses personnes et par la suite de les garder dans ma vie. Il ma fallu aussi un petit temps dadaptation au côté parfois superficiel des relations, mais qui somme toute permet de passer de bons moments et de vivre dans le présent. Un côté un peu Carpe Diem en résumé.
Le fait davoir des amis ma permis de profiter beaucoup plus de la province et de tout ce quelle a à offrir. Jai visité plus dendroits, assisté à plus dévénements et vu plus de choses. Et surtout jai apprécié tout cela. Certainement bien plus que lorsque mon père était venu me rendre visite en Octobre 2006 ne tinquiète pas Papa, on va se rattraper le mois prochain !-Il faut dire quà cette période, non seulement jétais en plein choc culturel, mais en plus mon compte bancaire ne présentait pas un solde mirobolant.
Ce qui mamène au point suivant : le travail et les finances, véritables nerfs de la guerre ou devrais-je dire de lintégration ?- pour le nouvel arrivant, mais aussi pour les autres. Lannée 2007 avait pourtant bien commencé. Apres avoir quitté mon premier emploi qui non seulement était mal payé, mais quen plus je naimais pas du tout, je croyais avoir trouvé un emploi plus que convenable, qui dune part était dans mon domaine premier traduction-, mais surtout qui était mieux payé et moffrait une certaine stabilité. Cela a été en partie vrai. Malheureusement mon employeur avait des pratiques professionnelles assez douteuses, surtout dun point de vue éthique. Jai donc décidé dinterrompre la collaboration au bout de 6 mois.
Cela na pas été sans conséquences. Bien que cet emploi ma permis de payer mes factures, mais aussi davoir quelques économies, il na ma pas donné un filet de sécurité suffisant pour prendre le temps de chercher un autre emploi me convenant plus. Jai donc dû retrouver du travail au plus vite. Et dans ces cas-là, on a tendance à prendre le premier emploi qui se présente, ce qui nest pas toujours une bonne chose non plus.
Même si ce nouveau travail était dans mon autre domaine secrétariat-, le salaire ne me permettait pas de vivre décemment, et jarrivais à peine à joindre les 2 bouts dans cette chère ville de Vancouver. Mon employeur, très gentil, voulait me donner plus de responsabilités, mais sans augmentation de salaire. Donc, démission à la fin de la période dessai. En termes de compétences, cet emploi est celui qui se rapprochait le plus du niveau que javais en France dans ce domaine.
A mi-septembre, je me retrouve donc une fois de plus à la recherche dun emploi. Financièrement, je suis assez fragile, mais je décide de prendre le temps de réfléchir à ce que je veux vraiment faire professionnellement. Tout au fond de moi, je sais que je veux privilégier la traduction, qui non seulement correspond à mes études, mais qui est également ce que je veux vraiment faire. Surtout que cela a été très facile de me mettre à mon compte ici, et je ne me suis pas heurtée aux ordres professionnels non plus.
Et pourtant, jhésite. Cest sûr, le secrétariat, cest la facilité, des offres à profusion ou presque, donc pas besoin de trop chercher, et surtout la régularité immuable du salaire, ce qui nest pas le cas en traduction. Du coup, je prends la mauvaise direction, avec le recul je men rends compte. Ce choix a aussi été motivé par ma propre situation personnelle. Cest dailleurs pendant cette période de doutes et de questions que je maperçois que ma vie en France nétait pas si stressante et que jétais dans un confort douillet avec Papa-Maman à proximité et toujours prêts à aider en cas de besoin -pas uniquement financier-. Ici, je suis mon seul soutien. Personne dautre ne payera mes factures à ma place. Je nai pas de solution de repli non plus si les choses tournent mal.
Elles ont bien failli mal tourner dailleurs. Au bout de 18 mois à Vancouver, jétais déterminée à trouver du travail qui corresponde à mes compétences et surtout avec le salaire en rapport. Cela na pas été une mince affaire. Il a fallu attendre début décembre pour que cela se produise. Le salaire est vraiment à la hauteur, cest indéniable, mais au fil des semaines, je me rends compte que ce nest vraiment pas ce que je veux faire.
Un petit retour en France à Noël me fait le plus grand bien après cet Automne tumultueux. Jen ai aussi plus profité quen 2006. Et jétais tout aussi contente de revenir. Finalement, oui, jétais dans un cocon en soie en France, mais telle la chenille se transformant en papillon, je suis contente den être sortie et de voler de mes propres ailes. Ma vie est belle et bien ici maintenant, et non là-bas.
Tout en restant dans mon emploi actuel, je décide de prospecter sérieusement pour développer mon affaire de traduction. Finalement, les retours sont meilleurs que je lespérais. Jen arrive à un point ou je ne peux plus tout concilier, un emploi administratif à temps plein la journée, des traductions et la recherche de contrats le reste du temps, sans oublier ma vie personnelle. Une décision simpose. Puisque les derniers mois mont démontrée que cest définitivement dans la traduction que je veux être, jai donc donné mon préavis de mon emploi.
Je suis contente de ma décision. Il est possible que les choses soient un peu difficiles au début, surtout financièrement, mais je me suis aperçue que javais plus doptions que je le croyais. Je sais que si besoin est, je pourrais toujours me tourner vers le secrétariat, même temporairement ou à temps partiel. Depuis que je suis au Canada, je suis toujours arrivée à trouver du travail dans mon domaine, je ne vois pas pourquoi cela changerait finalement.
Dailleurs le fait davoir pris cette décision de faire enfin ce que je veux niveau carrière ma rendue plus heureuse et a eu des répercussions sur ma vie personnelle. Là aussi, les choses se sont faites lentement mais sûrement.
Malgré ces quelques déconvenues professionnelles, je suis toujours aussi ravie dêtre à Vancouver. Et jespère que cela continuera. Je terminerai cette chronique en ajoutant que le forum et Immigrer en général mont aussi beaucoup apporté pour cette année écoulée. Je noublierai pas de sitôt la rencontre avec « Notre Jimmy » à Vancouver-même. Il a eu du mal à me faire avaler la pilule blanche et bleue, dailleurs il préfère aller à Ottawa depuis. Mais je sais quil reviendra !